Coordination des équipes de bénévoles et participation aux relevés des « indicateurs de suivi » de la restauration des milieux humides sur les sites LIFE du Plateau de Saint-Hubert

Contexte

Les indicateurs de suivi mettent en évidence des tendances générales d’évolution de l’environnement par le biais du suivi de groupes animaux et végétaux considérés comme étant de bons bio-indicateurs.

De manière générale, en Wallonie plusieurs programmes de surveillance utilisent des indicateurs de suivi (oiseaux, reptiles, batraciens, papillons, libellules) notamment pour apporter des réponses concrètes au processus d’érosion de la biodiversité (élaboration de stratégie de conservation).

Conformément aux exigences de la Commission Européenne, différents indicateurs de suivi ont été mis en place sur le plateau de Saint-Hubert dans le cadre du programme LIFE (2003-2007) de restauration des milieux humides de ce plateau.

Concernant principalement les plantes, les papillons et les libellules, les données relatives à ces indicateurs sont récoltées par quelques professionnels mais essentiellement par une équipe de bénévoles qui prospectent plusieurs fois par an les sites à la bonne saison.

En 2008 lors de la dissolution de l’équipe du projet, Solon a proposé de reprendre la coordination de l’équipe bénévole afin de continuer d’assurer ce suivi en partenariat avec l’équipe scientifique de la Région wallonne (DEMNA) et l’administration forestière (DNF), responsable de la gestion des sites.

Objectifs

Outre la récolte d’informations sur les espèces du plateau (apparition, disparition), le suivi permet d’estimer l’évolution des populations d’espèces les plus menacées. A plus long terme, le suivi des indicateurs permettra de démontrer l’impact des travaux de restauration réalisés.

Pour atteindre ce dernier objectif, le suivi du développement des milieux après restauration doit au moins s’effectuer sur 10 ans.

Au delà de cette période, la possibilité d’évaluer les tendances évolutives des populations contribuera à valider les méthodes de restauration des habitats utilisées, voire identifier les menaces qui pèsent sur les espèces les plus menacées et ainsi à ajuster la gestion préconisée pour les sites.


Type de données récoltées

Indicateur flore :

Les relevés consistent à faire, une fois par an en pleine saison de végétation, la liste des espèces présentes dans 110 placettes de 4m² et à évaluer le recouvrement de chacune d’elles.

Indicateur avifaune :

Les relevés consistent à lister les espèces d’oiseaux entendues pendant 5’ d’écoute, en un ou plusieurs points précis des sites. 40 points d’écoute sont installés et sont visités 2 fois par an.

Indicateur papillons et libellules :

Les relevés consistent à parcourir un itinéraire trois fois par an pendant lequel les différentes espèces de papillons et libellules sont répertoriées simultanément. Ce sont plus d’une vingtaine de sites qui sont prospectés chaque année sur le plateau.

Premiers résultats

Les données récoltées de 2005 à 2008 ont permis de dégager plusieurs tendances parmi lesquelles :

L’augmentation de la connectivité entre milieux humides :

La restauration des différents sites a permis de réduire la distance entre différents sites de 1500 m à 1000 m renforçant ainsi les possibilités d’échanges entre populations, gages de survie des espèces.

Le suivi libellules a montré pour cette période un accroissement du nombre d’espèces (Boloria aquilonaris, Somatochlora arctica) et la propagation à d’autres sites d’espèces auparavant confinées à un seul, résultat direct de la création de 250 mares et 2500 bouchages de drains sur le haut plateau.

Une augmentation de la diversité en espèces liée à la diversification des milieux :

La création d’ouvertures par la restauration dans le milieu forestier a eu un impact direct sur l’avifaune locale avec l’apparition et/ ou l’augmentation de nombreuses espèces des milieux ouverts (pie-grièche grise, pipit farlouse, tarier pâtre).

L’évolution des milieux restaurés vers les habitats-objectif

L’analyse de l’évolution de la flore inventoriée dans le cadre du suivi et de son abondance permet d’illustrer vers quels habitats les milieux restaurés évoluent. D’après les relevés réalisés au cours de ces dernières années tout porte à croire que les milieux restaurés évoluent vers les milieux naturels souhaités : tourbières, landes, boulaies tourbeuses…

La poursuite des relevés dans les années à venir permettra de s’assurer que la bonne progression d’évolution des milieux naturels continue et que les mesures de gestion (pâturage, fauchage) sont suffisantes.